Pourquoi peut-on avoir mal avec des examens normaux ?
6 minutes de lecturePar Benjamin MURDOCK Galindo
Une radiographie, une échographie, un scanner ou une IRM peuvent parfois ne pas montrer d’anomalie permettant d’expliquer une douleur persistante.
Cette situation peut être déroutante. Lorsqu’un examen revient « normal », certaines personnes finissent par se demander si leur douleur est réellement légitime.
Pourtant, l’absence d’anomalie visible à un examen ne signifie pas que la douleur n’existe pas. La douleur est une expérience complexe : l’imagerie observe certaines structures du corps, tandis que la douleur dépend aussi du fonctionnement du système nerveux et de la manière dont les signaux sont traités.
Ce que montrent réellement les examens
Chaque examen médical répond à une question précise. Une radiographie visualise particulièrement bien les structures osseuses. Une échographie permet notamment d’examiner certains tissus mous. Le scanner et l’IRM donnent accès à d’autres informations anatomiques.
Ces examens sont très utiles lorsqu’ils sont indiqués, mais ils ne constituent pas une « photographie de la douleur ». Ils recherchent des anomalies susceptibles d’expliquer les symptômes dans un contexte clinique donné.
C’est pourquoi un résultat d’imagerie doit toujours être interprété avec l’histoire de la personne et l’examen clinique.
Une image et une douleur ne correspondent pas toujours parfaitement
Le lien entre ce que montre une image et ce que ressent une personne n’est pas systématique.
Dans la lombalgie commune, par exemple, la Haute Autorité de Santé rappelle qu’il n’existe pas toujours de concordance entre les symptômes et les signes radiologiques. Certaines anomalies peuvent être visibles chez des personnes qui ne ressentent aucune douleur. À l’inverse, une personne peut ressentir une douleur importante sans qu’une anomalie suffisante pour l’expliquer soit identifiée.
Cela ne signifie ni que l’imagerie est inutile, ni que la douleur est inexplicable. Cela signifie simplement que l’interprétation d’une douleur ne peut pas reposer sur une image seule.
Pourquoi peut-on ressentir une douleur sans lésion visible ?
Plusieurs situations sont possibles. La cause peut ne pas être visible avec l’examen réalisé. Elle peut aussi relever d’un mécanisme qui n’est pas principalement structurel.
Certaines douleurs sont liées à une atteinte du système nerveux. D’autres peuvent être associées à une modification de la nociception, c’est-à-dire du système qui détecte et module la douleur. L’Inserm décrit notamment les douleurs nociplastiques, dans lesquelles aucune lésion expliquant directement la douleur n’est retrouvée.
Le système nerveux peut également devenir plus sensible après des stimulations douloureuses répétées ou prolongées. La douleur peut alors persister même lorsque l’état des tissus ne suffit plus, à lui seul, à expliquer ce que ressent la personne.
Examens normaux : ce que cela signifie — et ne signifie pas
| Résultat | Ce qu’on peut en comprendre |
|---|---|
| Aucune anomalie significative retrouvée | L’examen n’a pas identifié l’anomalie recherchée ou une lésion suffisante pour expliquer les symptômes. |
| La douleur persiste | La douleur reste réelle et doit être évaluée dans son contexte clinique. |
| Une anomalie est visible | Elle n’est pas automatiquement responsable de la douleur : sa concordance avec les symptômes doit être évaluée. |
| Les symptômes évoluent | Une nouvelle évaluation médicale peut être nécessaire, même si des examens précédents étaient rassurants. |
Cela veut-il dire que la douleur est psychologique ?
Non.
Le fait qu’un examen ne retrouve pas de lésion expliquant la douleur ne permet pas de conclure qu’elle est « dans la tête ».
La douleur comporte des dimensions biologiques, psychologiques et sociales qui interagissent. Le stress, l’anxiété, le sommeil ou le contexte de vie peuvent modifier la perception d’une douleur, comme ils peuvent être eux-mêmes perturbés par elle. Cela ne remet pas en cause la réalité de l’expérience douloureuse.
Faut-il multiplier les examens ?
Pas nécessairement.
Un examen complémentaire est utile lorsqu’il répond à une question médicale et que son résultat est susceptible de modifier la prise en charge. Dans certaines situations, répéter des examens sans changement des symptômes n’apporte pas d’information supplémentaire.
Le médecin détermine quels examens sont pertinents selon la localisation de la douleur, sa durée, son évolution, l’examen clinique et la présence éventuelle de signes d’alerte.
Quand faut-il reconsulter ?
Un bilan rassurant ne dispense pas de reconsulter si la situation change.
Une douleur qui s’aggrave, change brutalement de caractère ou s’accompagne de nouveaux symptômes doit être réévaluée. Selon la localisation et le contexte, certains signes peuvent nécessiter une prise en charge rapide.
En cas de doute, le bon réflexe reste de demander l’avis d’un professionnel de santé plutôt que d’interpréter seul un résultat d’examen.
Comment prendre en charge une douleur lorsque les examens n’expliquent pas tout ?
Lorsque les causes nécessitant une prise en charge spécifique ont été recherchées, l’objectif devient de comprendre les mécanismes susceptibles d’entretenir la douleur et son retentissement.
La prise en charge peut alors associer plusieurs dimensions : traitement médical lorsque cela est indiqué, activité physique ou rééducation, travail sur le sommeil, accompagnement psychologique ou prise en charge spécialisée de la douleur.
Cette approche globale ne signifie pas que l’on renonce à comprendre la douleur. Elle reconnaît au contraire qu’une douleur persistante peut dépendre de plusieurs mécanismes et qu’une réponse unique n’est pas toujours suffisante.
Quelles sont les alternatives ?
Certaines personnes souhaitent compléter leur parcours médical par d’autres approches, notamment lorsqu’elles vivent depuis longtemps avec une douleur dont les examens n’apportent pas toutes les réponses.
Relaxation, méditation, sophrologie, hypnose et différentes pratiques complémentaires peuvent être envisagées selon les situations. Elles n’ont pas toutes le même niveau de preuve scientifique et ne doivent pas se substituer au diagnostic ou aux soins nécessaires.
Le magnétisme fait partie des pratiques auxquelles certaines personnes choisissent d’avoir recours. Dans l’approche de Benjamin MURDOCK Galindo, il est proposé comme un accompagnement complémentaire fondé sur l’écoute de la personne et de son parcours, sans diagnostic médical ni promesse de résultat.
À retenir
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Un examen normal signifie-t-il que je n’ai rien ? | Non. Il signifie que l’examen n’a pas identifié l’anomalie recherchée ou une cause suffisante pour expliquer les symptômes. |
| Une douleur peut-elle exister sans lésion visible ? | Oui. Certains mécanismes douloureux ne correspondent pas directement à une lésion visible à l’imagerie. |
| Une anomalie à l’IRM explique-t-elle forcément la douleur ? | Non. Certaines anomalies existent également chez des personnes sans douleur. |
| La douleur est-elle psychologique ? | L’absence d’anomalie visible ne permet pas de conclure cela. La douleur est une expérience réelle et multifactorielle. |
| Dois-je refaire des examens ? | Cela dépend de l’évolution des symptômes et du contexte. La décision appartient au professionnel de santé. |
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS) — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune.
- Inserm — Douleur : mécanismes des douleurs inflammatoires, neuropathiques, mixtes et nociplastiques.
- Haute Autorité de Santé (HAS) — recommandations relatives à la pertinence de l’imagerie et à la concordance entre symptômes et signes radiologiques.
Cet article a une vocation d’information. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé, seuls à même de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge.
Benjamin MURDOCK Galindo propose un accompagnement complémentaire, fondé sur l’écoute, à domicile à Lyon et dans le Rhône-Alpes. Découvrir Benjamin, comprendre le déroulement d’une séance ou prendre rendez-vous.