Quelles approches complémentaires face à la douleur chronique ?
7 minutes de lecturePar Benjamin MURDOCK Galindo
Lorsqu’une douleur persiste, il est fréquent de chercher d’autres moyens de mieux la vivre ou de réduire son retentissement.
Cette recherche peut conduire vers des approches non médicamenteuses intégrées au parcours de soin, mais aussi vers des pratiques complémentaires choisies en dehors de celui-ci.
Toutes ne reposent pas sur le même niveau de preuve scientifique et toutes n’ont pas la même place. Les distinguer permet de faire des choix plus éclairés.
Dans la douleur chronique, la Haute Autorité de Santé recommande une prise en charge multimodale et centrée sur la personne. Selon la situation, plusieurs interventions peuvent donc être associées plutôt que de rechercher une solution unique.
Avant de parler d’alternatives : une prise en charge souvent multimodale
Une douleur chronique peut avoir des conséquences physiques, psychologiques, sociales et professionnelles. Sa prise en charge peut donc mobiliser plusieurs professionnels et plusieurs outils.
La HAS cite notamment les traitements médicaux, la rééducation-réadaptation, l’activité physique adaptée, les psychothérapies, l’éducation à la santé et, lorsque cela est pertinent, certaines approches intégratives et complémentaires fondées sur des données probantes.
Le choix dépend du type de douleur, de son origine lorsqu’elle est connue, de son retentissement et des besoins de la personne.
Les approches non médicamenteuses ne sont pas toutes « alternatives »
Il est utile de faire une distinction.
La kinésithérapie, l’activité physique adaptée ou certaines psychothérapies peuvent faire partie intégrante d’une prise en charge médicale de la douleur chronique. Elles ne sont donc pas simplement des alternatives aux médicaments.
D’autres pratiques, comme la relaxation, l’hypnose ou l’acupuncture, peuvent également être utilisées dans certains parcours de prise en charge, avec des niveaux de preuve variables selon la douleur concernée.
Enfin, certaines pratiques comme le magnétisme sont choisies par des personnes comme accompagnement complémentaire, mais ne disposent pas du même niveau de validation scientifique pour traiter la douleur.
Quelles approches peut-on rencontrer ?
| Approche | Objectif possible | Place générale |
|---|---|---|
| Activité physique adaptée | Maintenir ou retrouver mobilité, capacités et confiance dans le mouvement | Peut faire partie de la prise en charge recommandée selon la pathologie |
| Kinésithérapie / rééducation | Récupérer des fonctions, travailler le mouvement et l’autonomie | Intégrée au parcours de soin lorsqu’elle est indiquée |
| Approches psychologiques / TCC | Agir sur le retentissement de la douleur et développer des stratégies d’adaptation | Peuvent faire partie d’une prise en charge multimodale |
| Relaxation / méditation / sophrologie | Favoriser détente, attention et gestion du retentissement | Complément possible selon la situation |
| Hypnose | Modifier l’expérience et la perception de la douleur dans certains contextes | Utilisée dans certains centres antidouleur |
| Acupuncture | Approche complémentaire étudiée pour certaines douleurs | Niveau de preuve variable selon l’indication |
| Magnétisme | Démarche de mieux-être choisie par certaines personnes | Complémentaire ; ne remplace ni diagnostic ni traitement médical |
L’activité physique et la rééducation
Dans de nombreuses douleurs musculosquelettiques, rester ou redevenir actif occupe une place importante.
Pour la lombalgie commune, par exemple, la HAS considère l’exercice physique comme le traitement principal permettant une évolution favorable et recommande une participation active du patient en kinésithérapie lorsqu’elle est indiquée.
Les modalités doivent toutefois être adaptées à la situation médicale et aux capacités de chacun.
Les approches psychologiques
Prendre en compte les dimensions psychologiques d’une douleur ne signifie pas considérer qu’elle est imaginaire.
Les thérapies cognitivo-comportementales et d’autres accompagnements psychologiques peuvent aider certaines personnes à mieux comprendre leurs réactions face à la douleur, réduire certains comportements d’évitement et retrouver des stratégies d’adaptation.
Elles peuvent être intégrées à une prise en charge multidisciplinaire lorsque le contexte le justifie.
Relaxation, méditation, sophrologie et hypnose
Ces approches cherchent, par des moyens différents, à agir sur l’attention, la détente ou la manière dont la personne vit son expérience.
L’Inserm indique que l’hypnose, la relaxation ou la sophrologie ont pris une place parmi les traitements non pharmacologiques utilisés dans des centres antidouleur.
Leur intérêt dépend toutefois de la situation et elles ne doivent pas être présentées comme capables de traiter toutes les causes de douleur.
Et l’acupuncture ?
L’acupuncture a fait l’objet de nombreuses études.
Une expertise Inserm concluait à une efficacité supérieure à l’absence de soin pour plusieurs douleurs chroniques, tout en soulignant les difficultés à déterminer précisément la part spécifique de la technique et les différences selon les indications.
Elle peut donc être envisagée comme complément dans certaines situations, mais son intérêt doit être apprécié selon le type de douleur et le parcours de la personne.
Comment choisir une approche complémentaire ?
Le premier critère est de ne pas opposer la pratique choisie au parcours médical.
Une approche complémentaire sérieuse ne doit pas demander d’interrompre un traitement, retarder une consultation nécessaire ou promettre une guérison.
Il est également utile de s’interroger sur la formation du praticien, les objectifs proposés, le coût, les risques éventuels et le niveau de preuve disponible pour la situation concernée.
Enfin, une pratique peut être abandonnée si elle n’apporte pas le bénéfice recherché. Le fait d’avoir commencé un accompagnement ne crée aucune obligation de le poursuivre.
Quelques repères avant de choisir
| Question à se poser | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| La douleur a-t-elle été évaluée médicalement ? | Une pratique complémentaire ne doit pas retarder le diagnostic d’une cause nécessitant des soins. |
| Le praticien promet-il une guérison ? | Une promesse de résultat doit inciter à la prudence. |
| Demande-t-il d’arrêter un traitement ? | Un traitement ne doit pas être interrompu sans avis médical. |
| Le bénéfice attendu est-il clairement expliqué ? | Il faut distinguer soulagement, mieux-être et traitement d’une maladie. |
| Existe-t-il des données scientifiques pour cette pratique et cette indication ? | Le niveau de preuve varie fortement d’une approche à l’autre. |
| Puis-je arrêter librement ? | Une démarche complémentaire doit rester un choix de la personne. |
Quelle place pour le magnétisme ?
Le magnétisme fait partie des pratiques complémentaires auxquelles certaines personnes choisissent d’avoir recours lorsqu’elles vivent avec une douleur persistante.
Il ne permet pas d’établir un diagnostic médical et son efficacité pour traiter la douleur chronique n’est pas démontrée au même niveau que les prises en charge médicales recommandées.
Dans la pratique de Benjamin MURDOCK Galindo, il n’est donc pas présenté comme une alternative à la médecine, mais comme un accompagnement complémentaire.
La démarche repose sur l’écoute de la personne, de son parcours et de ce qu’elle traverse, sans promesse de guérison et sans modification du suivi médical.
Une complémentarité plutôt qu’une solution unique
Face à une douleur chronique, la question n’est pas nécessairement de choisir entre médecine et approche complémentaire.
Il s’agit plutôt de construire un parcours cohérent, dans lequel chaque intervention conserve sa juste place.
Pour certaines personnes, l’enjeu principal sera de reprendre progressivement une activité. Pour d’autres, de mieux dormir, de travailler sur le retentissement psychologique de la douleur ou d’adapter leur environnement professionnel. Certaines souhaiteront également intégrer une pratique complémentaire.
Cette approche individualisée correspond à la logique d’une prise en charge centrée sur les besoins de la personne.
À retenir
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Existe-t-il une seule bonne approche contre la douleur chronique ? | Non. La prise en charge est souvent multimodale et adaptée à chaque situation. |
| Les approches non médicamenteuses sont-elles forcément alternatives ? | Non. Activité physique, rééducation ou certaines psychothérapies peuvent faire partie intégrante du parcours de soin. |
| Toutes les pratiques complémentaires ont-elles le même niveau de preuve ? | Non. Les données scientifiques varient fortement selon la pratique et l’indication. |
| Une approche complémentaire peut-elle remplacer un traitement ? | Non. Elle ne doit pas retarder un diagnostic ou conduire à interrompre un traitement prescrit. |
| Quelle place pour le magnétisme ? | Une pratique complémentaire choisie par certaines personnes, sans substitution au suivi médical ni promesse de résultat. |
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS) — Parcours de santé d’une personne présentant une douleur chronique.
- Haute Autorité de Santé (HAS) — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune.
- Inserm — Douleur : traitements non pharmacologiques.
- Inserm — Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de l’acupuncture.
Cet article a une vocation d’information. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé, seuls à même de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge.
Benjamin MURDOCK Galindo propose un accompagnement complémentaire, fondé sur l’écoute, à domicile à Lyon et dans le Rhône-Alpes. Découvrir Benjamin, comprendre le déroulement d’une séance ou prendre rendez-vous.